Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

politique

De la laïcité comme effacement devant l'athéisme d'état?

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Force est de constater que la Laïcité n'est pas un modèle unique ou uniforme. Ainsi elle s'applique différemment en France, en Allemagne, en Angleterre, aux USA, au Canada, dans les pays scandinaves, en Chine, etc. Tous ces pays cités sont laïques mais ont un modèle de laïcité différent.

   En Belgique il est vrai que comme nous manquons d'imagination, nous avons tendance à copier systématiquement la France: fête de la musique, nuit blanche, nuit des musées, journée du patrimoine, jour des voisins, vélos partagés, Paris-Plage, etc. en sont les multiples exemples. Le modèle de laïcité qu'on cherche à nous imposer grâce à l'alliance objective de la Droite et d'une certaine Gauche (le cul à gauche, le cœur de pierre et le portefeuille à droite) en est le dernier exemple en date.

   Ainsi la condamnation de la STIB (Société de Transports publics Intercommunal Bruxellois) pour avoir refusé d'embaucher une femme voilée pourtant qualifiée pour ce poste, a agité le bananier belge.

   C'est qu'on se retrouve face à un double-ordre: d'une part la "neutralité" des agents publics et d'autre part l'égalité des chances. Deux ordres contradictoires mais facilement départageables. On peut arguer du fait que la neutralité ne s'exprime pas par ma façon de m'habiller ou de me coiffer mais bien plutôt par le fait d'être intellectuellement disposé à rendre la même qualité de service à tous; qu'ils soient votants MR, PS, autres, qu'ils soient chrétiens, musulmans, juifs, athées, qu'ils soient handicapés ou bien portants, etc.

   Cette capacité intellectuelle, si on la met en doute dans le cas d'une simple femme voilée, on peut aussi alors la mettre en doute en cas d'agent syndiqué. On voit donc bien où cette "neutralité exclusive" nous conduit.

   Par ailleurs un autre aspect se fait jour.

   En Belgique, aussi bien une entreprise privée que publique a le droit de refuser un emploi à quelqu'un sur base du port du voile! Tant et si bien qu'on devrait logiquement appliquer le programme du VB, devenu celui de la NVA, à savoir: puisque les femmes voilées se mettent de facto hors disposition du marché du travail, pourquoi continueraient-elles à avoir droit aux allocations de chômage et de minimex (CPAS)?

   Bref, en voulant bien faire au nom de l'égalité en fait on installe l'inégalité de traitement en fonction des convictions personnelles!

Voir les commentaires

Bruxelles: bureaux européens, gentrification, logement...

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Peut-être enfin une bonne nouvelle pour les bruxellois: les institutions européennes vont se défaire de plusieurs centaine de milliers de mètres carrés de bureaux!

   Bonne nouvelle pour la lutte contre la gentrification, donc la paupérisation également et surtout la SDFisation récurrente d'une bonne partie de la population populaire de Bruxelles depuis quelques décennies déjà. J'expliquerai plus loin en quoi c'est une bonne nouvelle, mais posons d'abord les faits qui parlent déjà en eux-mêmes.

   Depuis que Bruxelles est devenue Capitale de l'Europe, nous avons connu une inflation artificielle des prix et des loyers. De 1980 à 2020 les loyers ont été ainsi multipliés par au minimum 100%. D'abord suite à la  gentrification (pour comprendre ce terme reportez-vous à l'article Wikipédia le concernant), l'arrivée des eurocrates et des commissaires européens; puis suite au fait que ce nouveau statut de Bruxelles a attiré nombre de bureaux d'entreprises internationales et leurs salariés.

   Je ne vais pas refaire un historique des prix à la consommation (cf. mon article sur la réouverture des bars en 2021), mais grosso-modo hormis les moins de quarante ans tout le monde se sera aperçu du phénomène.

   Or justement l'une des priorités du gouvernement régional bruxellois est de lutter pour sortir les SDF, les sans-abris, de la rue où ils se trouvent. Mais avec quels mauvais outils! En effet, tout le monde qui en a connu sait que les logements sociaux ne peuvent en aucun cas être une solution pour les SDF. Car qu'est-ce qu'un logement social, communal, de CPAS? Une boite vide: il faut avoir pour pouvoir commencer à y habiter assez d'argent pour s'acheter tous les meubles y compris la cuisine.

   Les logements sociaux sont adaptés à des gens aisés, mais pas assez aisés que pour emménager dans un appartement avec un loyer au prix du marché.

   Clairement cela ne convient pas aux sans-abris. Cela pourrait leur convenir si les logements sociaux proposés étaient semi-meublés.

   Le seul outil mis en oeuvre qui peut s'avérer utile aux SDF est le cadastre des loyers moyens pratiqués dans tel ou tel quartier; cadastre qui deviendra bientôt référentiel en terme de maximum d'augmentation de loyer. Mais augmentation des loyers avec le statut de capitale européenne de Bruxelles faisant, cet outil se révèle lui aussi tout autant inadapté.

   Donc, on le voit, cet abandon d'espace de bureaux par l'Europe est réellement une chance énorme pour le peuple des classes moyenne et basse bruxellois. Car cette décision a été prise suite au télétravail instauré lors de la pandémie de coronavirus. C'est-à-dire que les institutions européennes pensent remplacer une très grande partie de leurs espaces de bureaux par du télétravail. Or qui dit télétravail, dit travailleurs européens plus obligés d'habiter Bruxelles!

   D'où le frein à la hausse des prix et des loyers, car dé-gentrification forcée.

   Et encore, nous avons eu beaucoup de chance malgré tout ces dernières années. Si l'arrivée massive d'une immigration de cadres et de haut fonctionnaires européens n'a eu que des effets certes grands et néfastes mais néanmoins limités c'est uniquement grâce à l'immigration des pays pauvres vers chez nous, et aux régularisations (même si elles étaient fixées d'avance à 1/3 des demandeurs d'asile quelque soient les conditions à remplir pour être accepté), qui tirait de facto les prix vers le bas que nous n'avons pas connu une situation qui aurait pu être pire!

Voir les commentaires

Utile, la Prison?

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Je pense nécessaire de présenter ici une brochure gratuite au format PDF que je viens de mettre à jour ce 25/02/2021 concernant l'inutilité de la Prison et de toute notion de "peine". Quand on est adulte ou même adolescent, l'époque du "tu n'as pas été sage, allez, au coin!" est révolue.

   Mais, comme indiqué en fin de brochure, pas question de se la jouer mode goulag communiste non plus.

   La voici:

   J'ajouterai que vouloir repenser la prison, donc repenser voire annihiler la notion de "peine", pour la remplacer par la réinsertion nécessite (et c'est sans doute pourquoi nos législateurs se gardent bien de le faire) de repenser l'échelle des valeurs globale de nos sociétés: qu'est-ce qui intègre vraiment?

   Comme écrit en fin de brochure, certains ne jurent que par l'intégration par le sport; d'autres par les arts; d'autres enfin par le travail.

   À propos de ce dernier item, emblématique des autres, tout le monde peut se rendre compte que le travail n'est pas un facteur d'intégration, c'est-à-dire d'autosatisfaction. D'abord parce qu'on ne reproche pas au rentier de gagner son argent sans rien faire, alors qu'on le reprochera à l'allocataire social. On ne le reproche pas au rentier car les anciennes générations ont appris, à tort, à respecter le costard-cravate. À tort car même les mafieux sont habillés en costard-cravate: l'habit ne fait pas le moine. On le reproche à l'allocataire social d'abord car il est mal habillé, ensuite car on sent qu'il a quelque chose de plus que nous travailleur: sa liberté!

   Ce qui intègre vraiment dans nos sociétés, tant capitalistes que communistes (les deux seuls modèles à se partager le monde), sont les avantages tirés de son activité, et non cette activité en elle-même. Avantages qui peuvent être dans le communisme des accès à des privilèges (voyages à l'étranger, accès à des produits occidentaux, etc.), dans le capitalisme l'argent.

   Donc, on le voit, et la majorité des "crimes" tournant autour de l'accaparement "illégal" de ces avantages, repenser et remplacer la prison par quelque chose de plus utile (rendre heureux) nécessite de repenser nos modèles sociaux tant en communisme qu'en capitalisme.

Voir les commentaires

Horeca, les prix vont-ils augmenter (encore)?

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Après l'article très critique ci-dessous, un rajout de ce 19 Mai 2021 plutôt positif en toute fin d'article...

____________________________

   Un syndicat de l'horeca flamand indiquait ce lundi 26 avril 2021 que lors de la réouverture du 8 mai des terrasses, la majorité des horeca flamands avaient l'intention d'augmenter leurs prix. La question évidemment est sera-ce pareil à Bruxelles. Et un petit historique des prix d'une simple boisson de base au petit matin, le café, est nécessaire il me semble.

   Alors, d'abord à Bruxelles, dès la fin du premier confinement en 2020 les prix du café avaient déjà augmentés de 10 à 12% selon les endroits. Sachant que le gouvernement prévoit d'abaisser cette fois-ci la TVA sur tout l'horeca de 21% à 6% (six, sic!) jusque Septembre 2021 inclus, soit une baisse de 15% de la TVA donc une hausse de 15% des bénéfices nets, que par ailleurs le syndicat flamand cité plus haut trouvait que «l'Horeca n'a pas encore augmenté assez significativement ses prix» (donc 11% d'augmentation n'est pas significatif? Si donc au lieu de mettre la TVA de 21 à 6% on la mettait de 21 à 32%?), je trouve ça un peu «Gangster» que d'augmenter les prix une seconde fois, puis une troisième après le confinement prochain de mi-octobre 2021...

   Bien sûr, pour ce qui est du prix aux bars du café on risque de me rétorquer «et l'évolution des prix du grain de café alors?». Eh bien justement, tous les pays y sont soumis. Si donc on faisait un comparatif?

   Dans les années 1990, un café dans un bar à Paris-Centre coûtait 1,50 €, 10 Francs Français soit 60 francs belges. À Bruxelles c'était 40 francs belges soit 1,00 € tout juste. En 2019 c'était à Paris-Centre 1,50 € toujours, à Bruxelles entre 1,70 et 2,00 € (68 à 80 francs belges). Et dire que les parisiens se pleignaient alors en 2019 du prix trop élevé de leur café... Donc on peut dire qu'à Bruxelles on nous vole le prix de notre café depuis des années déjà et ce hors Covid-19.

   Si donc les prix devaient encore augmenter une seconde fois à Bruxelles, personnellement je serais ravi de laisser ma place en terrasse à des étudiants qui eux n'ont pas la notion des prix habituels normaux.

________________________________

Ajout du 19 Mai 2021:

   Enfin de l'air! Je suis enfin allé au resto-bar (la Cambalhotas, chaussée d'Ixelles à l'arrêt de bus 71 "Musée d'Ixelles"). Certes, j'ai attendu 11 jours avant ma première sortie. C'est que je m'étais dit que le week-end du 8 et 9 mai (réouverture des terrasses ici en Belgique) ce serait full, puis après il n'a fait que pleuvoir genre alternance de pluies et d'éclaircies pendant la même heure de temps.

   Mais aujourd'hui j'étais vraiment cool, je me sentais full of energy, et je me suis dit qu'il était plus que temps d'aller enfin inaugurer ce déconfinement.

   Et bonne surprise: la Cambalhotas n'a pas augmenté ses prix du café ni après le premier déconfinement ni après le second (l'actuel). C'est resté le même prix qu'en 2019, à savoir 2 € tout juste. Je trouve que pour un café de caractère, pas trop fort, juste assez fort sans l'être trop, très goûteux, ça va; c'est dans les bons prix. Certes c'est dans les prix élevés (personnellement je ne mettrai jamais plus de deux euros pour un café) mais ça reste correct rapport qualité/prix.

   Bref, me voilà rassuré. Et heureux d'avoir enfin cassé le «cycle de la caverne» dans lequel ce confinement en a enfermé plus d'un, moi compris.

Voir les commentaires

À propos du Collectif L'Abîme et des événements La Boum

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Rappelons tout d'abord que des rassemblements d'un peu plus de mille (1000) personnes avaient déjà eu lieu au Bois de la Cambre quasi quotidiennement deux semaines avant l'événement "La Boum (1)". Personne n'avait eu besoin de mot d'ordre, c'était juste du réseau social entre jeunes fils de la bonne bourgeoisie type B-B-B (Blancs, Blancs, Blancs).

   Ce n'est qu'après ces rassemblements répétés qu'un collectif nommé "L'Abîme" s'est formé et avait lancé un mot d'ordre en ouvrant une page Facebook pour un événement "La Boum" au même Bois de la Cambre pour le 1er Avril 2021. Partant du principe que le 1er Avril est le jour où l'on fait des blagues (les fameux poissons d'avril) et que donc si ça ne marchait pas c'était pas grave, juste tant pis, mais que si ça marchait c'était Jackpot gagnant.

   Quelle était la logique de ce groupe de 5 personnes? La logique des Réseaux Sociaux tout simplement. Ils avaient dû se rappeler ces histoires d'il y a dix à quinze ans: des potes qui postent sur Facebook un événement pour l'anniversaire de quelqu'un (pas au courant lui) et au final cela rassemblait parfois jusqu'à trois mille (3000) personnes qui sans sono ni DJ, ni rien d'organisé, faisaient la fête toute la nuit.

   Ici, avec les événements "Boum", on est exactement dans le même principe. Quel est donc l'intérêt pour ce collectif? S'autoproclamer "chefs" d'un mouvement spontané par lequel ils n'ont pas été élus. C'est-à-dire récupérer (chapeauter) le mouvement!

   C'est la fameuse théorie dite de «la brèche» qui inclut le «chapeautage».

   Cela saute aux yeux quand on voit la chronologie des événements, l'absence visible des "organisateurs" lors des Boum 1, 2 et 3, que ce Collectif l'Abîme n'a strictement aucune légitimité pour se prétendre leader de ce qui se passe et donc pour prétendre «représenter et exprimer au nom de ceux qui y participent» un quelconque avis.

Voir les commentaires

Wuhan: et si (certains) complotistes avaient raison?

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Alors, moi je suis rationnel, mais le fait est que dans nos sociétés (dérive chinoise?) plus rien n'est scientifique, tout est politique. De telle sorte que pendant des mois les scientifiques occidentaux nous ont mentis sur ce qu'ils pensaient vraiment!

   En effet, Donald Trump était fervent défenseur de la thèse qui attribuait la pandémie de Covid-19 à une erreur de manipulation dans un laboratoire P4 proche de Wuhan (il y en a trois à proximité de cette grande métropole). Mais comme c'était Trump qui le disait, il était alors de bon ton de démentir parmi les scientifiques. Et leurs explications quant à l'impossibilité d'une fuite accidentelle du coronavirus hors d'un laboratoire P4 étaient exactes!

   Mais voici que cette thèse est aussi un dada de Joe Biden, et comme c'est Joe Biden qui le dit, cela redevient à la mode.

   Personnellement je ne vois pas pourquoi les explications rationnelles d'avant ne seraient plus valables aujourd'hui. Pourtant nombre de scientifiques viennent de s'exprimer dans deux revues: Science et Le Monde en revenant sur leurs doutes.

   Pour moi qui ait lu des articles dans l'ancien Science & Vie dès ma jeunesse sur les laboratoires P4, il me semble extrêmement improbable, voire impossible, qu'un agent biologique quelconque sorte accidentellement d'un tel laboratoire. Accidentellement, oui, c'est impossible; mais volontairement? Là tout n'est plus si impossible.

   En gros on aurait mieux voulu faire que l'on aurait pas pu: combien de milliards d'euros aura-t-il fallu investir en "routes de le soie" pour imposer le modèle politique chinois au monde entier? Zéro, un virus aura suffi!

   En effet, voici nos démocraties s'effritant à la fois par le souci d'hygiène de nos gouvernants et à la fois par la mauvaise compréhension de ce qu'est la Démocratie des nouvelles générations. Des Droits sans Devoirs: tant les gouvernants que le Peuple en réclament. Face à une telle brèche, on devine l'intérêt pour la Chine de pousser.

   Et puisque ces scientifiques expliquaient avec des arguments justes et justifiés l'impossibilité d'une pandémie occasionnée par une erreur de laboratoire, force serait de conclure qu'il ne saurait s'agir d'une erreur!

Voir les commentaires

Discours de 1er Mai, fête des travailleurs et non "fête du travail"!

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

   Tout d'abord je tenais à signaler ici que le premier Mai est bien "la fête des Travailleurs" et non pas "la fête du travail". Pourquoi fête-t-on les travailleurs (et travailleuses) le 1er Mai? Cela provient des USA: un premier Mai eût lieu un massacre de travailleurs assistant à un meeting en pleine rue. Et aux USA comme dans l'ensemble des Amériques (latine également donc) on parle bien du "workers day", "dia dos trabalhadores", "jour des travailleurs" et non de jour du travail.

   Alors on sait que la gauche et l'extrême-gauche marxistes se sont  réappropriés cette fête. Et justement je tenais ici à réfléchir sur un point précis, qui a à voir avec la critique de l'Homme Unidimensionnel, critique proprement existentialiste reprise plus tard par les situationnistes (ces derniers malgré tout restant dans une vision unidimensionnelle de l'humain). En un mot: «la gauche sauvera-t-elle le travailleur?».

   De fait Engels et Marx, lorsqu'ils observent et réfléchissent au bonheur des travailleurs et à leur avenir, le font à partir de ce qu'ils peuvent voir du quotidien du travailleur du tout début du XIXe Siècle, début des années 1800.

   Soit un ouvrier et une ouvrière travaillant 16 heures par jour et ne faisant que travailler, manger, baiser et dormir.

   Les Communistes dès lors n'imaginent qu'un seul bonheur pour le travailleur: posséder le boulet auquel il est enchaîné! Pouvoir en choisir la couleur sans pour autant en être débarrassé ne fut-ce qu'un instant.

   En effet, les Communistes, malgré la critique marxiste de l'aliénation de la marchandise, ne pensent nullement en revenir à l'artisanat (à l'avant-révolution industrielle), aux PME, etc. Au contraire ils gardent l'industrialisation pourvu que la machine appartienne à l'ouvrier. On voit bien la bêtise que cela constitue.

   L'apparition dans les démocraties capitalistes du découpage de la journée en trois temps de 8 heures: 8 heures de travail, 8 heures de loisirs et 8 heures de sommeil, signera la fin du Communisme même s'il a mis du temps à s'effondrer.

   En effet, le communisme conçoit les purs loisirs comme une chose "bourgeoise". S'ils découpèrent à leur tour les journées en trois 8, les heures dévolues dans le monde occidental bourgeois et "décadent" aux loisirs devaient servir selon l'URSS, la Chine, Cuba, la Corée du Nord, etc. à la "formation marxiste par le Parti, par les Soviets". Seule la lecture de Marx est acceptable comme occupation hors travail et sommeil pour le communisme.

   C'est que le communisme, Marx et Engels, n'ont qu'une vision unidimensionnelle de l'humain. L'Homme n'a qu'une dimension: celui de sa classe sociale. Il n'y a que des travailleurs et des patrons, rien d'autre au monde!

   Or, voici que soudain, et grâce à la lutte des travailleurs dans ces pays, les loisirs naissent dans les démocraties capitalistes. Dès lors je suis, comme le notent très bien et Van Vogt dans ses cours de sémantique et Jean-Paul Sartre dans ses traités d'existentialisme, obligé de ne plus seulement dire "untel est ouvrier" mais bien "untel est ouvrier... entre autres choses".

   Car dès lors je ne suis plus seulement travailleur, mais aussi guitariste, bricoleur, informaticien, DJ, pêcheur, motocycliste, cycliste, joueur de basket, de jeu d'échecs, etc. Et pas seulement par mon métier mais en plus de mon métier!

   L'homme devient pluridimensionnel, multidimensionnel et se libère ainsi de son uni-dimensionnalité.

   Et si c'est gênant, cette nouvelle liberté du travailleur, pour le Communisme c'est que le marxisme ne voit qu'un type de lien social admissible: celui de la classe sociale. Or les liens sociaux créés par les loisirs sont de facto inter-classes-sociales, les dépassent.

   Mais ils n'en sont pas pour autant, contrairement à ce que fait le marxisme, à rejeter dans la poubelle des choses inutiles.

   Ces loisirs, premièrement, apportent un équilibre mental. Et ensuite ils permettent à l'humain de se dépasser, de découvrir de nouvelles choses d'ordre sportives, artistiques, mais aussi scientifiques et techniques!

   Je dirais que l'oeuvre de Karl Marx et d'Engels sont elles-mêmes issues "des choses inutiles et bourgeoises capitalistes", de l'activité de l'observation intellectuelle non-productrice de valeur marchande.

   Bref soyez multidimensionnels pour être des travailleurs libres!

-------------------------

 

   On pourrait penser que ce discours de premier Mai était du vide, de pures considérations intellectuelles sans importance pour la vie réelle, la civilisation humaine, le développement. Or voici que je vais m'atteler ici à la tâche nécessaire de démontrer en quoi cette pluridimensionnalité de l'humain telle que vue par les démocraties capitalistes (USA dans mon exemple) permet un développement civilisationnel exponentiellement plus élevé qu'une vision d'homme unidimensionnel - prolétaire et rien que prolétaire - (URSS dans mon exemple).

   Je veux parler du progrès technologique, une forme de progrès qui touche tout DJ ou MC.

   On pensera bien évidemment à la Course vers l'Espace. Certes, à l'époque, le productivisme étant de mise tant à l'Ouest qu'à l'Est, la notion de "loisirs" étant encore largement absente de la société d'avant 1960 (les Golden Sixties arriveront mais bien plus tard que de ce que nous allons évoquer ici), il y avait donc égalité entre les "deux blocs".

   Tant et si bien que la rigueur propre au productivisme soviétique permit à l'URSS de prendre une grande longueur d'avance: Spoutnik, le premier satellite artificiel, émettant par voie hertzienne un bip-bip continu pouvant être entendu sur l'ensemble de la planète dont il faisait le tour quotidiennement, était on peut le dire la toute première pièce du puzzle technologique moderne et fort bien réussie!

   Les USA mirent du temps à rattraper le retard et c'est presque par un pur hasard qu'ils furent les premiers à mettre les pieds sur la Lune en 1969 avant l'URSS. Bref, malgré cette dernière victoire américaine les soviétiques avaient tout pour être fiers de leur prolétarisme outrancier.

   S'ouvre alors une seconde ère de développement technologique. Après avoir rêvé aux petits martiens tout vert, on rêve au Cyborg, à l'Intelligence Artificielle, au robot humain. C'est l'ère de la Révolution Informatique.

   Et en ce domaine, l'URSS autrefois si habile est à la traîne, les USA percent bien plus vite, bien trop vite même. C'est sans doute ce qui précipitera la nomination de Gorbatchev à la tête de l'URSS par le Parti Communiste.

   À quoi cela peut-il bien être dû? C'est qu'entre la Conquête de l'Espace et la Révolution Informatique, du moins en démocraties capitalistes, l'homme est devenu un consommateur de loisirs mais qui dit loisirs ne dit pas que consommation mais également création à partir du consommé... L'homme a quitté l'ère unidimensionnelle.

   Des grands ingénieurs, à l'Ouest comme à l'Est, dessinent de manière très sérieuse et carrée les plans des futurs premiers ordinateurs "à la chaîne"; des ordinateurs qui tant à l'Est qu'à l'Ouest sont destinés à l'usage de la seule administration.

   Et voici qu'aux USA, des gens, souvent universitaires, souvent excentriques, ont l'idée d'utiliser les circuits imprimés, base de l'informatique industrielle, pour leurs loisirs.

   C'est en quoi réside la supériorité de l'économie capitaliste que d'oser imaginer que puisque il y a des gens que ça intéresse l'informatique, fut-ce pour jouer au ping-pong sur un écran, et bien on va créer un ordinateur familial, les premiers PC (Personnal Computer, Ordinateur Personnel): IBM puis Apple.

   Dans l'économie marxiste on imagine mal gaspiller de l'effort pour produire une machine qui permette de jouer au ping-pong sur écran plutôt que sur table concrète et qui ne serve pas à du plus "utile".

   Autres points forts du capitalisme démocratique: la libre entreprise et la propriété privée (et non collective). Commençons par le second item.

   En URSS quel aurait été, à imaginer que le modèle de Karl Marx ait été suivi scrupuleusement (Lénine le cita mais se garda bien de le réaliser) donc qu'il y en ait eu un, le vote d'un Soviet de constructeurs informatiques pour savoir si on pouvait littéralement péter un ordinateur pour le transformer en éventuelle (car ce n'est là qu'une expérience) future première carte son de l'histoire de l'informatique? Je crains que le non l'ait emporté: pourquoi vouloir qu'un ordinateur joue de la musique ça sert à rien, le tourne-disque le fait si bien!

   La propriété privée me permets de me passer du vote d'un quelconque poussiéreux Soviet, j'ai un ordi, j'ai une idée, donc je le fais.

   Sans cela l'avenir de nombreux DJs à travers le monde eût été fort compromis...

   Du coup on comprend mieux le second item: la liberté d'entreprendre en dehors de tout contrôle étatique: j'ai eu l'ordi, j'ai eu l'idée, je vends ce que j'ai trouvé et ça financera d'autres découvertes.

   Bien évidemment j'ai pris l'exemple (réel) de l'invention de la carte son car il s'agit ici d'un blog de DJ/Producer surtout DJ depuis qu'il a découvert qu'il était piètre "producer".

   Mais en fait en matière de Révolution Informatique, l'URSS sera à la traîne de tout: du PC, de la connectivité entre plusieurs systèmes d'exploitations différents, de l'Internet... et même du hacking où il faudra attendre l'effondrement de l'URSS et l'établissement du capitalisme pour qu'en ce domaine au moins ils émergent!

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>