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Les brésiliens ne sont pas assez matures pour la démocratie

Publié le par Philippe J-A Le Bihan

Ni Bolsonaro, ni Lula!

Ni Bolsonaro, ni Lula!

   Je n'avais pas voulu sortir cet article avant les élections de premier tour au Brésil car il n'y a quasiment pas de brésiliens qui lisent ce blog. Pourtant j'en avais bien envie car les résultats qui sont tombés tôt ce matin du 3 Octobre 2022, eh bien je les connaissais déjà car je connais bien les brésiliens et brésiliennes.

   À noter qu'on était bien dans des élections de premier tour. Donc le vote vraiment utile aurait été en toute logique «n'importe qui sauf Bolsonaro ou Lula!», c'est-à-dire un vote vraiment démocratique.

   On attribue beaucoup de choses positives au PT (partie de Lula), qui en fait datent de bien avant l'accession de Lula puis, pire, de Dilma à la présidence du Brésil. Ainsi on entend nombre de brésiliens eux-mêmes attribuer au mérite du PT la transformation des bidonvilles (favelas) en quartiers de maisons construites en dur, de vraies maisons donc, et où logent les anciens habitants des favelas. Euh, excusez-moi, mais cette politique de logement sécurisé date juste d'avant l'accession du PT à la présidence du pays brésilien.

   Par ailleurs Dilma a pour Rio de Janeiro effectivement fait détruire les anciennes favelas qui surplombaient la montagne donnant une vue imprenable sur les plus belles plages touristiques et réputées mondialement (Copacabana, etc.) et d'où on pouvait entendre les tirs de fusil-mitrailleurs des trafiquants de drogue pour les remplacer par des maisons en dur... mais non pour y reloger les anciens habitants des favelas mais bien pour les mettre sur le marché immobilier à la vente! De fait, laisser un tel luxe à portée des paumés, on a beau être communistes, ça va pas du tout ça!

   Donc, Dilma a fait reculer les favelas, toujours pas construites en dur mais en cartons, tôles, bois, de l'autre côté des montagnes; du côté opposé à la belle vue sur les plages, permettant ainsi aux touristes de ne plus entendre les bruits de fusils.

   Enfin, si le vote Bolsonaro est certainement un mauvais vote pour une société qui prétendument «a souffert de la dictature militaire», je dirais qu'un fascisme d'extrême droite ne dure généralement qu'une quinzaine d'années alors qu'une dictature d'extrême gauche, elle, dure au moins 75 ans comme on l'a vu en Chine, Corée du Nord, URSS.

   Et comment le PT s'était-il mis à la tâche pour rester au pouvoir les 18 ou 16 ans précédents? Simple: en achetant les votes! En effet, à l'époque où Lula accède pour la première fois à la présidence de la fédération brésilienne, héritage de la dictature militaire: presque tout est monopole d'État. Quand je dis monopole, c'est pas seulement «fourni par les Services Publics» mais bien «ne pouvant être fourni par aucune autre société privée que le Service Public».

   Donc, en toute logique, l'État, le Président, à autorité pour fixer les prix pratiqués. Il s'agissait certes de l'eau, de l'électricité, du gaz, mais aussi (ce qui serait impensable chez nous même sous François Mitterrand) de l'essence, de la télévision (cablo-opérateur et chaînes disponibles gratuitement sans décodeur qui sont jusqu'à aujourd'hui toutes de Service Public). Et au lieu d'en rendre le prix accessible à tous, au contraire Lula a augmenté les prix de ces services!

   En lieu et place d'une diminution des prix, Lula a instauré un système de tickets d'accès aux services de base pour les moins aisés. Cela s'appelle donc acheter des votes, car évidemment tout le monde, et les "moins aisés" étant une large majorité au Brésil, préfère consommer gratuitement quelque chose que d'avoir à payer, même moins cher que le prix d'avant.

   Bref, le vrai vote utile dès le premier tour aurait été n'importe quel parti démocratique et aucun parti fasciste, ni de gauche (Lula) ni de droite (Bolsonaro).

   Ce qui me permet de dire que, non, le Peuple Brésilien n'est pas encore assez mature que pour vivre en Démocratie; c'est-à-dire sans chef mais seulement avec des responsables politiques au service de la Nation.

   Pour terminer, puisque ça semble bouillir dans le crâne de pas mal de brésiliens installés hors du Brésil dont Neymar, je dirais aux brésiliens qui ont voté pour l'un des deux dès le premier tour de retourner vivre au Brésil si leur candidat favori l'emporte!

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